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A propos du documentaire "Enquête d’ailleurs"

A propos du documentaire "Enquête d'ailleurs"

Par IMI Par Pascale Catala

Un documentaire de la série "Enquête d’ailleurs", consacré aux fantômes, a été diffusé sur Arte le 18 septembre 2015. L’Institut Métapsychique International figure dans ce documentaire, qui est globalement un bon film : belles images, iconographie recherchée, intervenants universitaires, bonne réalisation.... Mais pour éviter que la présentation de l’Institut n’induise en erreur, nous sommes amenés à effectuer une petite mise au point.

Contrairement à ce que ce film laisse entendre, l’Institut Métapsychique n’est pas un organisme spirite, et n’a pas eu pour vocation, et ne l’a jamais eu, de prouver les théories spirites. Son objectif n’est pas de communiquer avec les défunts. Il suffit de parcourir le site Internet pour s’en convaincre. Or, les commentaires en "voix off" qui ont remplacé notre propre description mentionnent :"Des spirites et des scientifiques créent un centre de recherche et de documentation.... Leur but est de prouver la réalité des phénomènes surnaturels et de les expliquer". S’il est vrai littéralement que parmi les fondateurs de l’IMI se trouvaient des spirites, le but de l’Institut était justement la recherche scientifique, en se démarquant des organismes spirites existant à l’époque (1919). L’IMI n’emploie pas le terme "surnaturel" puisqu’au contraire, ce qui est recherché est une explication scientifique qui permettrait de comprendre ces phénomènes en tant que partie intégrante de la nature. Notre service d’écoute n’est pas réservé à "ceux qui croient être témoins de manifestations spirites", mais est destiné à toutes les personnes qui vivent des expériences exceptionnelles, quelles qu’elles soient. Les demandes concernant le spiritisme sont rares, et souvent nous les réorientons vers les cercles spirites si c’est dans cette optique que la personne souhaite se placer.

L’équipe de tournage a filmé un matériel expérimental de l’IMI ainsi qu’un expérimentateur, mais ces images ont été juxtaposés avec l’interview de Philippe Baudouin, spécialisé dans les "appareillages liés au spiritisme" et avec une mention du nécrophone de Thomas Edison, censé servir à communiquer avec les morts. Cet amalgame pourrait laisser penser que l’IMI cherche à communiquer avec les morts, ce qui est complètement erroné. L’appareil filmé était simplement un robot se déplaçant au hasard, sans aucun rapport avec le spiritisme, destiné à des expériences de parapsychologie. C’est pourquoi il nous a semblé opportun de signaler ce procédé de juxtaposition d’images et de bande audio et/ou de commentaires non concordants. Des juxtapositions de cet ordre peuvent être remarquées tout au long du documentaire, puisqu’on montre une photo du "fantôme" de Raynham Hall en sous-entendant qu’elle été prise dans le château écossais ; et une photo d’une séance de lévitation psychokinétique de table avec Charles Richet est mêlée aux explications sur les activités spirites de Flammarion. Il est certes bien difficile de faire comprendre au grand public la différence entre approche spirite et approche métapsychique. Le documentaire ne citant jamais les mots "métapsychique" ou "parapsychologie" (hormis dans "IMI"), le risque de confusion était maximal. Qui plus est, il nous semble regrettable que le point de vue parapsychologique n’ait pas été donné dans ce film.

La question que voulait poser le créateur de ce documentaire était pertinente : Pourquoi les gens croient-ils voir des fantômes ? Pour répondre à cette question, de nombreux chemins sont possibles : les sondages, les témoignages, les expériences, les analyses littéraires ou scientifiques... Plusieurs universitaires étaient interviewés et donnaient des éclairages intéressants sur les utilisations idéologiques, religieuses et culturelles des histoires de fantômes. Mais nul n’est besoin d’être psychanalyste pour découvrir que le désir de retrouver des personnes proches disparues peut jouer un rôle important dans l’expérience du fantôme ; c’est une évidence. L’explication à laquelle aboutit le documentaire est donc un peu courte. La parapsychologie est justement la science qui possède dans ses objets d’étude explicites les fantômes. Il eût donc été intéressant de ne pas couper au montage l’intégralité des données scientifiques parapsychologiques connues sur les fantômes, que j’avais tenté d’exposer, et qui ont été obtenues au moyen de méthodes classiques : observations, expériences, sondages, etc. A savoir par exemple que certaines apparitions peuvent être collectives, laisser des traces objectives, ou bien encore qu’on peut observer des "fantômes de vivants" ; que la méthode scientifique s’appuie plutôt sur des hypothèses mettant en jeu les facultés des êtres humains vivants que sur des théories spirites sur l’au-delà, et essaie de comprendre les processus. Mais ces informations apparemment semblaient ne pas cadrer avec le schéma directeur du documentaire, qui préférait rester dans le conventionnel "désir de communication avec les morts", en omettant les études scientifiques.

Et pourtant, si les gens croient voir des fantômes, ce peut être parfois, tout simplement, ...parce qu’il y a quelque chose à voir.

Pascale Catala.


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